lundi, 04 février 2008

Zut, crotte, flûte et mince !

b09cb613bc947727b3febc2a4b976007.jpgJ'avais six ans, lorsque ma mère m'a fait comprendre que certains mots articulés par d'autres, ne devaient JAMAIS sortir de ma bouche. Ce jour là, je m'étais cachée derrière le canapé où elle était assise et j'ai murmuré « P*tain... B*rdel... » juste pour voir sa réaction. Aucune réponse. Je récidive plus fort « P*tain ! B*rdel ! ». Là, mes mots parviennent enfin aux oreilles de ma mère qui manque de s'étrangler sous le choc. Pour faire court, je dirai que la remontrance qui a suivi cet épisode, a suffi pour que je garde un langage châtié à jamais ;)

D'ailleurs inconsciemment, je dois être encore réfrénée par mon éducation car bien qu'aujourd'hui, je ne crains plus de me faire gronder, je transgresse peu le langage normé et n'emploie qu'en cas de force majeur, des termes que l’Académie française réprouve. Mais je reconnais que les gros mots constituent un corpus interdit à la fois irrépressible et analgésique en certaines circonstances.

Lorsque je fulmine et que je sens que je suis sur le point d'exploser, je lâche un peu de pression en vociférant les pires injures dans ma tête. Cette méthode silencieuse est malgré tout jubilatoire et très apaisante. Quelquefois, pour exprimer une douleur ou un agacement, j'outrepasse la bienséance en enrichissant mes locutions interjectives de vilenies en verlan (pour minimiser l'intensité du mot) : « Aïïïïïe ! Je me suis kéni l'orteil dans la porte ! » « Oh fait ièche, j'ai bousillé un collant ! ». Sinon, lorsque l'Homme m'asticote un peu trop, je lui montre les cinq doigts de ma main. Il sait que ce n'est pas pour lui montrer mon nouveau vernis bleu satin, mais qu'il s'agit d'une interprétation personnelle du majeur exhibé par les malotrus qui expriment leur mécontentement. J'indique ainsi sans être obscène que mon irritation est cinq fois plus exacerbée (puisque cinq doigts sont sollicités). L'Homme sourit à chaque fois ;)

J'adorerais soulager mon agressivité à la façon du Capitaine Haddock, en invectivant des mots anodins avec la même véhémence qu'une injure « arrière train de pachyderme » ou « cucurbitacée étriquée » mais sur le moment je manque d'inspiration...

C'est étrange, mais avec l'Homme nous ne classons pas les mots dans les mêmes cases. Pour lui "m*rde", "e*merder", "c*ier", "s*loperie" et j'en passe, ne sont pas des grossièretés. Son argument est que ces mots figurent dans le dictionnaire et donc peuvent être utilisés en toute impunité. Non mais je rêve ! Le jour où Petit Homme lui rétorquera « Et m*rde papa, tu me fais c*ier à m'e**erder comme ça... » il comprendra la différence ;)

Dans la plupart des situations, je pense que la dégradation du langage va souvent de pair avec la détérioration de la relation et que c'est le premier degré de la violence. Mais je reconnais que dans certaines villes comme Marseille, certaines injures peuvent être des signes d'affection « Allez fait pas c*ier bois un verre» ou « Salut ma c*uille ! ». Mais ne vous inquiétez pas, malgré toute la sympathie que j'ai pour vous, je ne me permettrai pas une telle décontraction ;)