mercredi, 12 mars 2008

Dis-moi quel est ton boulot...

687646960.jpg... Je te dirai qui tu es !

Il y a deux semaines, grâce à son blog de fille, j'ai eu l'occasion de rencontrer une dizaine de filles de Marseille et des environs. Après avoir passé un après-midi fort agréable, une acolyte venue avec moi, faisant allusion à un ancien billet de la Miss Hélène, me fait remarquer que nous étions tombées dans le piège de la question « Tu fais quoi dans la vie ? ». Effectivement, après quelques bavardages futiles autour de notre tasse de thé, nous avons été amenées à présenter notre activité professionnelle ou non-professionnelle...

Il y a quelques temps, cette question formulée trop rapidement après une rencontre, m'aurait quelque peu gênée et importunée, mais il faut croire qu'avec le temps j'ai fini par accepter la coutume. Ce qui est dérangeant, c'est qu'il est possible qu'en fonction de la réponse que nous donnons, nous soyons cataloguées, étiquetés, fichées, rangées dans une case. Je pense que c'est pour cela que cette question fatidique m'a longtemps exaspérée.

D'autant plus qu'il n'est pas toujours aisé de parler de son métier car certains traînent derrière eux des préjugés, d'autres attirent l'admiration et d'autres provoquent l'incompréhension ou l'indifférence totale. Lorsque j'exerçais mon ancien emploi, je provoquais compassion et autres sensibleries dès que je répondais à ladite question. Je me demande si un fonctionnaire de police ou des impôts occasionnent une telle sympathie ? Quant à l'Homme pour ne pas avoir à évangéliser ses interlocuteurs lambda, doit « matérialiser intellectuellement », vulgariser sa profession avec des exemples concrets sous peine d'engendrer le désintérêt complet.

Aujourd'hui, je remarque le manque d'attention qu'occasionne une maman au foyer. Loin d'en faire un complexe, je comprends que cette activité est moins captivante qu'une workinggirl, mais suis-je réduite à l'insignifiance pour autant ? Aussi craignant que je me noie d'ennui dans ma soi-disant glandouille quotidienne, on me dit souvent « Tu comptes reprendre le boulot, car moi j'ai besoin de travailler ! ». Le plus risible, c'est que ces personnes sont celles qui se plaignent à longueur de temps, de leur s*laud de patron qui les spolie, de leur boulot de m*rde, de leur stress...

En outre, j'imagine que cette question souvent anodine, peut être vécue comme un interrogatoire perturbant, particulièrement en période de chômage ou lorsque la personne exerce un boulot exclusivement alimentaire. Cependant, j'avoue d'un côté que cette question après celle concernant les centres d'intérêt, est une façon d'en savoir un peu plus sur la personne sans vraiment entrer à brûle-pourpoint dans son intimité... Quoique...

Alors « Tu fais quoi dans la vie ? » : Réducteur ou révélateur ? Vous posez quelles questions pour apprendre à connaître une personne ?